Star Trek Discovery

Il va m’être difficile de faire une critique de cette série, parce que j’ai abandonné dès le premier épisode. Ça partait déjà très mal, avec plein de points qui m’ont profondément déplus.

1 : dès le début ça démarre dans les conflits et la guerre, et c’est pas ce que je recherche dans Star Trek. Ce que j’aime/j’aimais dans cette série c’était l’exploration, la découvert de nouvelles espèces, de nouveaux univers, et c’était le cas de la majorité des autres séries, même si parfois ça amenait à de la bagarre. Or, ce n’est pas le cas dans celle-là où on démarre direct par un conflit avec les Klingons et, d’après le pitch, on va rester là-dessus.

2 : les Klingons justement, parlons-en. Mais qu’est-ce que c’est que ce grimage de merde ? Ok, les Klingons ont été imaginés différemment selon les séries (et même ils avaient un aspect tout à fait humain dans la série originale, ce qui a été expliqué dans Enterprise), mais ça reste tout de même dans une fourchette raisonnablement comparable. Là… sérieux, ils ressemblent à rien. Comme ils vont être les « méchants » de cette série, on a pris soin de les faire bien laids, bien horribles pour qu’on n’ait aucune chance de louper le fait que ce soit les méchants justement. Méchants = laids, c’est bien connu. Ce manque de nuances m’a irritée. Bref, j’ai laissé tomber cette série à peine commencée et je ne suis pas sure que je la reprendrais un jour.

Star Trek Enterprise

Si j’ai bien compris ce qui se dit dans le monde des Trekkies, cette série est largement dépréciée. Certains lui refusent même toute existence, comme si c’était une maladie honteuse de l’univers de Star Trek.

N’étant pas une fan absolue, mon point de vue est peut-être plus nuancé. En gros, j’ai bien aimé regarder cette série, même si j’ai moins aimé les deux dernières saisons par rapport aux deux premières. Ça tourne un peu trop aux conflits et moins à l’exploration (ce que déplore l’équipage lui-même, en particulier son capitaine).

Il y a pas mal de trucs que j’ai vraiment aimé, comme le fait que certaines technologies qu’on voit dans les séries précédentes n’existent pas ou sont moins employées, ce qui est logique, vu qu’on est plus tôt dans le temps. Ainsi la technologie de transmission de matière qui sert à se téléporter vient juste d’être mise en place et les personnages hésitent à s’en servir, surtout au début. Par la suite, ils s’en servent de plus en plus souvent.

Pareillement, la hiérarchie dans le vaisseau ressemble plus à celle traditionnelle des navires de guerre, avec un mess réservé aux officiers supérieurs, alors que dans les autres séries, tout le mode mange dans la même pièce, officiers comme troufions. Les réplicateurs de nourriture sont moins utilisés aussi, on a un cuistot (qu’on ne voit jamais… jusqu’à la fin).

La dernière chose que j’ai beaucoup aimé, c’est qu’on y trouve une explication de l’aspect plus humain des Klingons de la série originale. J’adore ça quand on arrive à donner une solution logique à des incohérences inévitables pour une/des séries se succédant dans le même univers avec des showrunners, scénaristes et concepteurs d’effets spéciaux différents.

Bref, je suis loin de cracher sur cette série et elle me semble prendre sa place de façon tout à fait honorable dans le Star Trek Universe.

Parlons des personnages, puisque c’est toujours ce qui m’intéresse le plus.

Le capitaine Archer : il est très intéressant, plein de nuances et de failles, obligé malgré lui à prendre des mesures parfois drastiques et à agir contre sa conscience. J’aime bien qu’il n’arrive pas à mesurer son importance au sein de l’Histoire, même si je trouve que celle-ci prend un peu trop d’importance, justement (les persos « fondateurs » me dérangent toujours un peu).

Le docteur Phlox : assez cynique au début à propos des Humains, bien qu’il ait déjà vécu parmi eux depuis plusieurs années, ce bon docteur s’attache de plus en plus aux personnes vivant sur ce vaisseau. Son point de vue d’extraterrestre sur notre espèce est toujours intéressant, même s’il finit par ne plus se sentir aussi « en dehors » que lorsqu’il embarque (pour quelques semaines seulement, qui vont se transformer en années ^^).

Malcolm Reed, Travis Mayweather, Hoshi Sato : trio qu’on voit le plus du reste de l’équipage. Pas grand chose à en dire, car je n’ai pas vraiment accroché. Peut-être un peu plus à Hoshi que je trouve la plus intéressante et celle qui a la plus belle évolution, de la jeune fille stressée et névrosée à une personne plus équilibrée et volontaire. Son don pour les langues est aussi un très bon point à la fois sur le vaisseau, mais aussi pour mon appréciation du personnage.

J’ai gardé les deux derniers pour la bonne bouche, car ce sont mes deux préférés.

T’Pol : autant je déplorais ne pas arriver à apprécier vraiment le Vulcain Tuvok de Voyager, autant je n’ai pas ce problème avec T’Pol. Outre ses soucis de santé qui « l’humanise », elle est pleine de nuances, des doutes s’insinuent en elle par rapport à la pertinence de la société vulcaine, et elle aussi s’attache beaucoup à l’équipage humain du vaisseau, alors qu’elle n’était censée n’être là qu’en observatrice pour quelques semaines. Jusqu’à finir par devenir une officière de Star Fleet et non plus de l’armée de sa planète. Bref, une jolie évolution aussi pour ce personnage.

Trip ou Charles Tucker : j’ai peut-être été influencée, pour mon appréciation de ce personnage, par le physique de l’acteur qui le joue (*_*) et surtout son extraordinaire voix (mama mia !), mais je pense tout de même que le perso est quand même très intéressant. Complexe, tout en nuance, pas exempt de défauts et utilisé principalement dans de nombreux épisodes, on a bien le temps de le découvrir et de l’apprécier. Et comme par un fait exprès, mes deux persos préférés finissent par établir une relation privilégiée. Merci !

Chroniques des Nouveaux Mondes, l’intégrale – Jean-Marc Ligny

À travers un certain nombre de nouvelles, Jean-Marc Ligny nous fait entrer dans ce futur qu’il imagine, un futur où l’humanité a essaimé sur d’autres planètes ou leurs lunes, pas toujours très propices à la vie, d’ailleurs, mais où la technologie permet tout de même une colonisation.

Les histoires sont assez diverses, certaines se passant sur Terre, mais la plupart sur ces « nouveaux mondes ». Les humains rencontrent d’autres espèces sentientes, plus évoluées qu’eux et s’accommodent difficilement au contact avec ces êtres si différents. Pire, il y a parfois conflit avec d’autres humains, ceux qui ont colonisés ces autres mondes et qui se sentent différents des humains terrestres au bout de quelques générations.

On ne peut pas dire que la lecture de ce recueil de nouvelles soit désagréable, mais j’ai trouvé tout de même que l’atmosphère générale était assez sombre et manquait d’optimisme quant à l’avenir de l’humanité.

Certes, quand on se retourne vers les siècles passés, on peut se dire qu’il y a de quoi être pessimiste, car à chaque petit progrès correspond souvent une régression presque aussi importante et parfois plus importante encore. L’Histoire est pleine de ces revers, de ces retours à la « barbarie » et le chemin vers une humanité débarrassée de ses mauvais côtés parait bien long. Il n’empêche que je ne suis pas sortie avec le sourire de cette lecture et, si je lis dans ces temps de grisaille, c’est pour avoir enfin sous les yeux quelque chose de positif. Sinon, je n’ai qu’à regarder ou lire des journaux d’actualité.

Finalement, ce que j’ai préféré dans ce recueil, c’est qu’à la fin, se trouve un historique de ce qui s’est passé entre le milieu du XXIe siècle et le milieu du XXVe où on retrouve tous les personnages de chaque nouvelles ou du moins les évènements auxquels ils participent. J’ai bien apprécié cette Histoire fictive et la vue d’ensemble m’a semblé moins pessimiste que les petites fenêtres ouvertes ici et là par l’auteur.

Star Trek Voyager

Je suis triste d’avoir fini cette série. Clairement ma préférée pour l’instant. Avant même The Next Generation que j’avais pourtant pas mal appréciée, même si je n’en ai pas fait de critique détaillée.

J’ai trouvé que les aventures savaient se renouveler sans remâcher un peu toujours la même recette, ce qui arrive parfois dans des séries durant aussi longtemps et avec un tel nombre d’épisodes. Il y a pas mal de variété dans le style des histoires avec des trucs plutôt originaux touchant aux voyages dans le temps ou à la psychologie des personnages.

Les personnages, parlons-en justement. Ils sont tous bien campés. Je parle des principaux, évidemment, parce que, comme dans les autres Star Trek, bien que l’équipage du Voyager soit d’environ 150 personnes (comme celui de l’Enterprise était de 400 et la station Deep Space Nine devait compter plusieurs centaines d’habitants), on se concentre toujours sur les mêmes, ce qui est normal.

Cependant, je ne les ai pas tous apprécié de la même façon. Mes trois préférés sont :

  • le docteur hologramme qui n’a pas de nom jusqu’au tout dernier épisode, mais qui compense par une personnalité bien affirmée

  • la capitaine Kathryn Janeway (jouée en plus par une extraordinaire actrice, Kate Mulgrew), qui allie la fermeté et la droiture, sans oublier les sentiments

  • et Seven of Nine, une ex Borg (les Cybermen de Star Trek), qui redécouvre peu à peu ce que c’est qu’être humaine, sans perdre sa rigueur borg.

  • J’aurais aimé aimer plus le Vulcain, Tuvok, mais je l’ai trouvé trop froid et rigide, sans le côté plus humain qu’avait Spock. J’aime bien Neelix aussi, mais sans plus, même si c’est un personnage plutôt haut en couleur. Quant au trio masculin (Chakotay, Kim et Paris) et au duo féminin (Torres et Kes) ils m’indiffèrent à peu près.

Il y a de fortes chances pour que je revois cette série dans quelques temps.

Émile Gaboriau

Monsieur Lecoq

J’ai découvert Émile Gaboriau par un texte plus court et peut-être plus connu : Le petit vieux des Batignoles. On y trouve déjà le même genre de personnages : un couple de « policiers » ou du moins d’enquêteurs, car dans cette nouvelle, l’un d’entre eux seulement est policier, l’autre n’étant que son voisin intéressé par l’enquête. Les deux s’entraident, chacun mettant son intelligence et son souci du détail au service de la découverte de la vérité.

Dans Monsieur Lecoq, donc, le même genre de collaboration est mise en scène entre un policier, le monsieur Lecoq en question et un amateur éclairé, monsieur Tabaret, dit Tirauclair. Il y a même un troisième larron en la personne d’un vieux policier blanchi sous le harnais qui voue une admiration sans bornes à la jeune recrue Lecoq. Ce genre de collaboration entre plusieurs (deux en général) personnages est repris par Conan Doyle pour créer son duo Holmes/Watson. Il est même dit qu’il s’est directement inspiré d’Émile Gaboriau pour ça, notamment pour la façon dont le personnage de Lecoq tire des conclusions à partir des indices qu’il relève sur la scène du crime.

Mais revenons à Monsieur Lecoq. J’ai trouvé ce roman très agréable à lire, bien qu’il m’ait un peu dérouté dans son architecture. Sans doute parce que nous sommes habitués à une certaine étanchéité entre les genres, en littérature, et un roman policier est un roman policier du début à la fin, en général, mais la construction de celui-ci déjoue ce genre de classement. En effet, au tiers de son déroulement, alors que le fin mot de l’énigme n’est pas encore totalement déchiffré par nos comparses, on abandonne le présent et nos amis policiers pour faire un bond dans le passé qui nous ramène à la genèse de l’évènement.

Cela devient alors un roman de drames familiaux, avec haine, vengeance, enfant illégitime mêlé d’un peu de lutte des classes au lendemain de la chute de Napoléon puisque cela se passe entre 1815 et 1816.

Ce n’est qu’à la toute fin qu’on revient au présent, que réapparait monsieur Lecoq les sept dernières pages (sur plus de sept-cent) et que se résout enfin l’affaire policière. Donc, le personnage titre n’apparait pas dans le texte durant les deux-tiers de celui-ci, ce qui est assez curieux (mais pas unique).

L’Affaire Lerouge

On retrouve dans ce texte (qui se situe avant Monsieur Lecoq) le même genre de mélange entre intrigue policière et drame familial. Sauf qu’ici le drame familial prend encore plus de place et l’intrigue policière y est étroitement entremêlée.

L’enquêteur n’est pas encore Lecoq (qu’on mentionne à peine), mais monsieur Tabaret, le fameux Tirauclair. Et là aussi, on y voit un personnage de juge d’instruction (dont je n’ai pas parlé dans ma critique de Monsieur Lecoq bien qu’il joue un rôle important). À vrai dire, ces deux romans ayant été écrit dans les années 1860, je ne savais pas que les juges d’instruction existaient déjà à cette époque et qu’ils avaient une telle importance dans les enquêtes de police. Comme quoi, rien qu’en lisant des romans on peut apprendre plein de choses.

J’ai tout autant apprécié ce tome que les précédents que j’ai lu. Plus peut-être, car je n’y ai pas trouvé ces longueurs qui m’avaient un peu ennuyée dans Monsieur Lecoq. L’intrigue est haletante du début à la fin et le coupable du crime nous mystifie jusqu’à la fin tout autant que les personnages autour de lui.

Regarde-moi dans les yeux – Boris Tzaprenko

J’ai souvent entendu dire, à propos de littérature, qu’un roman trop « militant » était forcément mauvais. Et que le discours politique, dans un roman, donne rarement une œuvre de qualité. Si on veut faire passer ses convictions, il faut essayer de le faire de façon subtile, par les actions des personnages ou le déroulement de l’intrigue.

Pourtant, c’est un exploit que Boris Tzaprenko est parvenu à accomplir dans ce texte. Il y a des passages très militants dans ce récit, sur le véganisme et le respect de toutes les formes de vies animales, mais ça passe très bien parce que c’est entouré par une action et des personnages intéressants. Ces derniers (action et personnages) ne sont pas sacrifiés sur l’autel de la première (l’action militante) et la servent parfaitement, même si on sent nettement le discours. Pour confirmer la règle, d’ailleurs, les passages où ce discours est le plus direct sont parmi les moins intéressants du roman. Heureusement, ça ne dure pas, mais toute l’intrigue est là pour nous rappeler le fond du propos.

On a droit à une fin très ouverte, ce que je trouve à la fois malin de la part de l’auteur, mais aussi faisant partie de la vie : dans la réalité, il n’y a jamais vraiment de fin, heureuse ou pas.

Sans famille – Hector Malot

Un classique des livres destinés aux enfants, datant de la fin du XIXe siècle, ce texte se lit encore parfaitement aujourd’hui par son style simple et direct. Écrit à la première personne du singulier, c’est Rémi lui-même qui nous raconte sa vie et ses difficultés d’enfant trouvé, « sans famille », donc.

Je ne me souvenais pas l’avoir déjà lu, mais au fur et à mesure des pages, je me rappelais des évènements.

L’auteur nous entraine dans la vie des pauvres de son époque. Entre Vitalis qui court les routes avec sa troupe d’animaux savants et finit par mourir de froid et de faim, la mère d’accueil de Rémi pour qui une vache est le trésor suprême, la famille de maraichers Acquin dispersée à cause de la grêle qui les ruine, puis les mineurs dans les Cévennes qui meurent dans leur mine, nous faisons le tour des malheurs qui guettent les pauvres gens de la fin de ce siècle.

Parmi les critiques dont fut l’objet Hector Malot, on peut citer (source wikipédia) la « prégnance des bons sentiments » et on le retrouve bien dans ce texte. Indépendamment de leur classe sociale, les personnes sont pas mal divisées en « gentilles » et « méchantes ». En gardant cela en tête, ça ne m’a pas empêchée d’apprécier vraiment ma lecture et de passer un bon moment en compagnie de Rémi.

Série télévisée La vie de Famille (Family Matters)

Voilà une série que j’ai regardé pour la première fois à la télévision, en compagnie de ma fille, il y a maintenant un bon bout de temps (je dirais plus ou moins vingt ans). À cette époque, j’avais apprécié sans vraiment me poser de questions, et il faut reconnaitre qu’elle a des côtés « progressistes » en particulier des propos féministes. On assiste assez souvent à des conflits relevant du machisme, en particulier entre le personnage de Carl Winslow, le père de famille, et sa femme Harriet. Lesquels se résolvent toujours par Carl reconnaissant qu’il a eu tort et rendant hommage à sa femme.

Cependant, ce féminisme a ses limites. Lors d’un épisode, la morale à la fin, c’est qu’une jeune fille ne doit pas coucher à droite et à gauche, sous peine de ne plus être respectable et respectée. Il est vrai que (dans le même ou dans un autre, je me souviens plus) on milite aussi pour la chasteté des garçons, la mettant sur le même plan que celle des filles. Il y a d’autres accrocs à ce féminisme, sur l’apparence notamment, mais dans l’ensemble, il n’est pas trop mal représenté.

En revanche, ce visionnage récent m’a permis de constater que d’autres problèmes de société n’y sont pas traités de la même manière. On y trouve en particulier une forte homophobie. Dans un des épisodes, Carl, qui est flic, doit se déguiser en femme pour essayer d’arrêter un agresseur de femmes. À la fin, il réussit et, toujours déguisé et tout à sa joie, il embrasse son épouse. Un autre personnage surgit et se met à pousser des cris d’horreur et de dégout en voyant ce qu’il croit être deux femmes s’embrasser. Et ce n’est pas traité pour le côté humour, mais avec sérieux. Pas un instant, on laisse entendre que cette réaction est inappropriée, au contraire.

Autre chose qui m’a gênée et à laquelle, je n’avais pas vraiment fait attention, c’est le harcèlement dont est victime un des personnages. Je m’explique :

La fille de la famille, Laura, est l’objet d’un grand amour de la part d’un voisin, Steve Urquel. Il l’aime et tente, durant toute la série, de se faire aimer d’elle, par tous les moyens, y compris certains qu’on pourraient qualifier de harcèlement, justement. Elle ne cesse de le repousser, de lui dire non, de façon tout à fait directe, mais il ne se décourage pas et continue. À la limite, ce ne serait encore pas trop gênant. Mais ce qui l’est plus, c’est qu’à la fin (à la toute fin, genre la dernière saison, voire les derniers épisodes de la dernière saison), elle finit par tomber amoureuse de lui, alors qu’elle est en couple avec un autre. La morale assez nauséabonde qui s’en dégage est que le harcèlement finit par payer et faire en sorte que la personne que vous harcelez tombe amoureuse de vous. Enfin, pas tout à fait, puisque cela arrive aussi à deux autres personnages, avec les rôles inversés, cette fois-ci : c’est la fille qui est amoureuse et qui harcèle le garçon. Là, elle ne réussit pas et finit par abandonner. On voit donc la limite au féminisme ici aussi : si tu es un homme, harceler celle que tu aimes finira par marcher, mais si tu es une femme, non.

Voilà pour les critiques sur cette série et ce dont je me suis rendue compte avec ce visionnage quasi vingt ans après le premier. Parlons maintenant de ses qualités, parce qu’elle n’a pas que des défauts, heureusement (sinon, je ne la re regarderais pas).

On pourrait dire que, malgré l’abondance de personnages, il y en a trois principaux : Carl Winslow, le père de famille, Laura Winslow, la fille (d’ailleurs, durant les quatre première saisons, ils sont trois enfants, deux filles, dont elle est l’ainée et un garçon, le plus âgé, mais la troisième fille disparait à la cinquième et c’est comme si elle n’avait jamais existé) et le voisin, Steve Urquel. Ce sont essentiellement les interactions entre Steve et ces deux autres personnages qui font le fond de toute la série.

Le personnage de Steve n’apparait qu’à l’épisode 12 de la première saison, juste comme un petit voisin irritant, mais il a eu tellement de succès auprès des téléspectateurs qu’il devient rapidement un des protagoniste principaux, voire LE protagoniste principal. Il vole la vedette à la famille Winslow qui était au départ au centre de la série. Si bien que ce qui avait commencé comme une sitcom assez classique mettant en scène une famille américaine ordinaire, prend une tout autre dimension, surtout à partir du moment où Steve Urquel, suprêmement intelligent, commence à inventer toutes sortes d’objets futuristes. Elle devient alors une série hybride entre la sitcom et la SF. Ce qui en fait un OFNC : objet filmé non classifiable.

J’en oublie peut-être, mais Steve invente une machine qui modifie l’ADN, une autre qui clone objets comme êtres vivants, un plateau à téléporter, une machine à voyager dans le temps.

C’est ce côté SF qui m’a particulièrement attirée vers la série et aussi, je dois dire, le personnage de Steve qui ne se contente pas d’être très intelligent, mais est aussi d’un loufoque complètement assumé, ce qui lui permet de passer au milieu de la tempête de critiques et agressions dont il est l’objet, à cause de cette excentricité, avec sérénité.

Bref, une série à voir avec un œil critique pour certains aspects, mais aussi avec l’émerveillement que peut procurer une bonne suspension d’incrédulité.

Les rescapés du temps – Éric Leblanc

Je ne savais pas que c’était un livre jeunesse, avant de le commencer, je ne l’aurais peut-être pas démarré maintenant, si je l’avais su, parce que ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, le jeunesse. Cependant, cela a été une lecture plutôt agréable, bien que le schéma en soit assez classique, à mes yeux.

Une fillette qui arrive dans un lieu nouveau avec ses parents. Un vieil homme qui la met en garde contre les dangers que recèle telle partie de ce lieu, ce qui attise sa curiosité, bien entendu. On a ici un début assez rebattu de la littérature jeunesse. La suite est à l’avenant, en tout cas, je n’ai pas été une seule fois surprise par la tournure que prenaient les évènements. Mais c’est peut-être l’effet « jeunesse », en tant qu’adulte, mon expérience est plus grande que le public auquel s’adresse l’auteur et on me surprend moins facilement.

Dans le ventre blanc du silence – Pierre Pelot

Habituellement, je ne poste la critique d’un livre qu’une fois que je l’ai fini (ou que j’ai décidé de l’abandonner, parfois). Ici, je vais poster quand même une « pré-critique » alors que je suis à peine à la moitié du bouquin. Ce qui me fait l’abandonner peut-être provisoirement, peut-être définitivement, c’est qu’il y a une grande violence dedans. Je m’explique.

Je veux bien que « les gens heureux n’ayant pas d’histoire » on parle plutôt des conflits par rapport aux moments où tout se passe bien dans une vie. Cependant, je trouve que Pierre Pelot a un peu trop privilégié la très grande violence dans ses histoires de nos ancêtres durant toute sa série Sous le vent du monde. C’était déjà le cas dans les deux tomes précédents, cela l’est encore plus dans ce troisième.

En même temps, c’est intéressant, car on assiste au basculement d’une société matriarcale où les femmes dirigent, notamment grâce à leur connexion avec une sorte d’entité supérieure qui leur montre l’avenir dans leurs rêves, à une société patriarcale beaucoup plus violente où les hommes prennent le pouvoir grâce à leur force brute et ce qui semble être des mensonges (un des personnages masculins dit être contacté à son tour par cette entité dans ses rêves, mais ça semble beaucoup plus une façon de se légitimer que la réalité).

Cependant, et cette critique vaut pour toute la série, je ne suis pas sure que les premières sociétés humaines toléraient autant de violence à l’intérieur de leurs groupes. Les Humains avaient alors déjà bien des difficultés à vivre dans un monde qui leur était très hostile, n’ayant que peu d’armes naturelles pour s’en défendre. Il me semble que la collaboration devait être la seule façon de s’en sortir. Or, j’ai trouvé plus de violence que de collaboration dans ces textes. Sauf peut-être dans le tome deux Le Nom perdu du soleil qui est d’ailleurs mon préféré.

Autre chose qui me dérange, c’est l’impression que ces Humains (ce n’est dit nulle part, mais on devine, d’après le contexte, qu’il s’agit probablement d’Homo neandertalis) sont totalement désorganisés. En particulier, ils ne semblent pas préparer ce qu’il leur faut pour survivre aux hivers longs et rigoureux. Or, là aussi, je pense qu’ils savaient et devaient surement le faire, sinon, l’espèce se serait éteinte bien avant son temps.

Tout ça pour dire que je ne suis pas certaine de finir ce tome que j’avais déjà eu du mal à commencer.