Parmi les tombes – Tim Powers

Après avoir fini ce livre, je suis allée lire les critiques de Babelio avant de faire la mienne, ce qui ne m’arrive jamais (en général, je les lis après), parce que je ne savais pas comment aborder cet article.

Avant de lire Parmi les tombes, j’avais déjà lu Les Voies d’Anubis du même auteur et je l’avais beaucoup aimé, même si j’avais déploré trop de détails dans certaines parties, notamment le début qui met du temps à démarrer, mais aussi la fin qui m’avait parue expédiée, alors que j’aurais aimé plus de détails sur les évènements qui sont éludés pour en arriver plus vite à la conclusion. Cela semble d’ailleurs un défaut récurrent à cet auteur, car j’ai retrouvé cette critique pour un autre de ses livres, Le Poids de son regard.

Une partie de ce que j’ai lu dans ces critiques correspond assez bien à mon ressenti. Notamment les longueurs à certains moments et le récit qui semble un peu partir dans tous les sens. Il manque aussi la possibilité de s’attacher aux personnages. Aucun ne m’a vraiment touchée, alors que cela aurait dû être le cas. Peut-être parce qu’on n’entre jamais vraiment dans leur ressenti et qu’on reste à la surface de leur personnalité.

L’autre chose sur les personnages, ce sont les mauvais choix qu’ils font constamment. Il est dit et redit que ces créatures qui les hantent, que ce soit Polidori ou Boadicée ont un énorme ascendant sur eux, mais j’ai quand même du mal à le comprendre, peut-être parce que je ne perçois pas cette séduction dans le texte. On les décrit souvent comme des créatures monstrueuses, pas seulement au moral, mais au physique aussi. Et je n’ai perçu à aucun moment comment ils pouvaient être séduisants.

Enfin, la dernière raison pour laquelle, j’ai eu du mal à entrer dans le livre et à le lire avec plaisir, c’est l’atmosphère macabre, avec les descriptions de cadavres à demi décomposé et lugubre dans un Londres des bas-fonds et de la misère.

On retrouvait ça aussi dans Les Voies d’Anubis, mais il y avait alors une truculence, un pittoresque qui relevait la sauce, ce qui n’est pas le cas ici.

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Morte en mémoire vive – Peter James

Ce roman est paru en France aux éditions J’ai Lu, collection Épouvante, et je comprends pourquoi. L’atmosphère est oppressante et le héros s’enfonce peu à peu dans l’horreur, jusqu’au cauchemar suprême d’où il ne peut absolument pas se sortir.

J’ai d’ailleurs stoppé ma lecture plusieurs semaines à ce stade, tellement ça me traumatisait. J’étais même prête à abandonner le roman, alors que je l’avais presque fini (93% me disait ma liseuse). J’ai enfin trouvé le courage de continuer, et j’ai bien fait, car… ouf… il y avait une porte de sortie. Même si la fin reste légèrement amère et inattendue.

Cependant, à cause de ce côté vraiment horrifique, genre que je n’apprécie guère, j’ai moins aimé ce récit que le précédent que j’ai lu de cet auteur : Alchimiste. Peut-être me laisserais-je à nouveau tenter, mais je ferais désormais plus attention au genre. En revanche, si vous aimez ça, je vous le conseille. Ça fait dresser les poils sur les bras.

Les Contes de ma mère l’Oye – Charles Perrault

Ou Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités. On a donc là les onze contes les plus célèbres de ce type de littérature. On en retrouve plusieurs dans les contes de Grimm.

Je ne vais pas reprendre ce que j’ai déjà dit à ce propos, mais je vais parler uniquement du conte Grisélidis, qui est un exemple parfait de ma remarque à propos des innocentes jeunes filles soumises à la cruauté du héros. Car c’est la base même de ce conte. Le prince, qui a épousé cette ravissante bergère pour sa beauté, est persuadé que toutes les femmes sont perverses de nature. Aussi, il ne cesse de la tourmenter, de l’enfermer, de la surveiller, lui arrachant son enfant nouvelle-née. Il a même la cruauté, plus tard, de lui faire croire à la mort de la petite fille.

Je ne m’étends pas plus sur les malheurs que fait subir à Grisélidis son époux, mais on a là un exemple parfait de tyrannie conjugale. Alors que cela continue hélas à exister de nos jours, on imagine sans peine qu’à l’époque de Perrault, où la femme était considérée comme la propriété de son époux, c’était pire encore dans les foyers, et peut-être surtout dans ceux de la haute société.

Je parlerais aussi de Peau d’Âne. J’aime beaucoup le film qu’en a tiré Jacques Demy. Mais ce qui m’a surprise, c’est de voir à quel point le scénario est fidèle au conte. Jacques Demy a pris très peu de liberté avec le texte de Perrault et j’en suis ravie, car on voit trop souvent ces histoires déformées au point d’en devenir méconnaissables (particulièrement quand elles sont adaptées par les studio Disney).

Ce qui est particulièrement amusant, dans ces contes, c’est la « moralité » (partie qui sera ensuite supprimée des éditions suivantes). Le plus souvent, on en a deux, d’ailleurs. Je ne donne qu’un exemple, celui de La Barbe bleue :

Moralité

La curiosité, malgré tous ses attraits,
Coûte souvent bien des regrets ;
On en voit tous les jours mille exemples paraître.
C’est, n’en déplaise au sexe, un plaisir bien léger ;
Dès qu’on le prend, il cesse d’être,
Et toujours il coûte trop cher.

Autre moralité

Pour peu qu’on ait l’esprit sensé,
Et que du monde on sache le grimoire,
On voit bientôt que cette histoire
Est un conte du temps passé ;
Il n’est plus d’époux si terrible,
Ni qui demande l’impossible,
Fût-il malcontent et jaloux,
Près de sa femme on le voit filer doux ;
Et de quelque couleur que sa barbe puisse être,
On a peine à juger qui des deux est le maître.

Contes de l’enfance et du foyer – Jacob et Wilhelm Grimm

Contrairement à Andersen dont j’ai lu les contes auparavant, les frères Grimm n’inventent pas leurs histoires, mais les recueillent auprès de plusieurs sources populaires. Essentiellement Dorothea Viehmann, et les familles Hassenpflug et Wild habitant la ville de Cassel.

Une partie de ces histoires viennent uniquement du folklore allemand, mais d’autres ont une portée plus européenne, ce qui sera reproché aux auteurs. Dans des versions suivantes, ils supprimeront d’ailleurs certains contes « trop français » de leur recueil.

Là aussi, comme pour Andersen, j’ai vraiment apprécié de revenir à la source de ces contes que l’ont connait parfois dans des versions modifiées, voire édulcorées.

Ce qui m’a surprise, voire un peu choquée, avec mon œil de féministe actuel, c’est de voir la violence dont sont victimes les femmes dans ces histoires. Et le rôle qu’elles jouent est très souvent négatif. La sorcière, la marâtre sont pleines de défauts et sont punies à la mesure de leurs mauvais actes. Mais la belle, la princesse, la jeune fille innocente n’est pas épargnée pour autant. Pour la conquérir, le héros doit parfois la violenter, et alors seulement elle se soumet et tombe amoureuse. Drôle de morale à tirer de ces récits… qui étaient censés constituer une des bases de l’éducation des enfants de l’époque.

Contes merveilleux – Hans Christian Andersen

Certains contes d’Hans Christian Andersen sont très connus, d’autres moins. Il en a écrit plus de cent-cinquante, mais une vingtaine seulement sont vraiment connus du grand public.

Et je comprends pourquoi. Ce sont les plus intéressants. J’ai trouvé que beaucoup d’autres reprenaient souvent le même schéma d’objets de la vie quotidienne qui parlent, réagissent à leur environnement, voire vivent des aventures ordinaires qui sont pour eux des épopées. À l’époque, le lecteur ne lisait qu’un texte à la fois, ce qui leur permettait de ne pas se lasser du processus. En les lisant à la suite les uns des autres, c’est hélas le cas. J’en ai donc parcouru certains un peu en diagonale.

C’est tout de même un grand plaisir de revenir à la source de ce qui est l’inspiration de bien des adaptations de ces contes et de les lire tels qu’ils ont été écrits par leur auteur.

Star Trek : The Original Series

Me voilà partie pour regarder tout Star Trek. En bonne psychorigide, je démarre par la première série et je vais continuer comme ça, en suivant l’ordre chronologique jusqu’à la plus récente. J’alternerais surement avec les films. Cependant, je ne pense pas me passionner suffisamment pour cet univers pour me lancer dans la lecture des romans.

Je viens donc de terminer la série originale, celle diffusée entre 1966 et 1969.

J’apprécie grandement le personnage de Spock, ainsi que celui d’Uhura, même si elle est trop peu engagée dans l’action, sauf un peu plus au début. J’ai énormément plus de réserves sur celui du capitaine Kirk, ainsi que le duo Bones/Scotty. Quant aux autres, ils sont trop peu développés pour susciter une véritable opinion. Je pense notamment au lieutenant Sulu ou à l’enseigne Tchékov, ou même à l’infirmière Chapel.

Pour ce qui est des épisodes, ils sont assez décevants, dans l’ensemble. On y trouve toujours les mêmes ressorts, et plus on avance dans la série, plus ces ressorts se ressemblent. Puissances diverses (en général aliens) qui prennent le contrôle du vaisseau que ce soit par leurs pouvoirs mentaux ou par leur technologie. On retrouve ça à presque chaque épisode, dans la saison 3 notamment. Sinon, ça peut être une prise de pouvoir mentale sur les membres de l’équipage. On a aussi le capitaine Kirk qui séduit une femme et/ou qui tombe amoureux d’elle.

Bref, je ne vais pas faire le recensement de tous ces « tropes », mais il y en a beaucoup, d’où une impression de lassitude et de quasi toujours voir le même épisode. Je ne sais si c’est ce qui a déterminé l’arrêt de la série au bout de trois saisons, mais c’est possible. Le public a dû se détacher d’une série qui tournait en rond.

Ça reste très mythique, notamment pour un personnage comme celui de Spock, surtout interprété par un acteur aussi charismatique que Leonard Nimoy, mais j’avoue que je m’attendais à quelque chose de meilleur.

Et maintenant, en route vers la Nouvelle Génération !

Contes – Marie-Catherine Baronne d’Aulnoy

Rien de spécial à dire de ce recueil de contes, si ce n’est qu’il reprend les standards classiques du genre. J’ai tout de même été surprise de constater à quel point ces contes traditionnels sont violents, plein de morts et d’agressions diverses. Et aussi que les personnages masculins sont « récompensés », alors qu’ils ont tués, violés, etc. (je pense au Prince Marcassin), alors que les féminins sont punis, même sans avoir rien fait. Quand on les lit avec une certaine conscience, ça surprend et choque pas mal. Sur la page wikipédia qui lui est consacrée, l’auteur de la page écrit : « elle est l’un des auteurs à l’origine du genre écrit du conte merveilleux auquel, à la différence d’auteurs comme Charles Perrault, qui ont tâché de polir la matière littéraire qu’ils élaboraient, elle a insufflé un esprit subversif en usant d’allégories et de satires ». Alors peut-être qu’il faut prendre ces histoires au second degré. Perso, j’ai du mal, parce que ce second degré ne se sent pas tellement.