L’Empire de l’atome – A. E. van Vogt

Ce texte (qui a une suite, Le Sorcier de Linn, que je lirai dans la foulée) est considéré comme une œuvre majeure de son auteur et de la Science-Fiction du XXe siècle. Avec mes critères actuels (d’autant plus depuis que j’écris moi-même), je le trouve plutôt faiblard, mais pas pour autant dénué d’intérêt. Le style est composé à 95% de « tell », ce qu’on nous recommande d’éviter, c’est à dire qu’on nous raconte les évènements sans nous les faire vivre. Il est vrai que si A. E. van Vogt avait effectivement dû nous faire vivre au moins une partie de ces évènements en « show », le livre n’aurait pas fait 306 pages, mais quatre ou cinq fois plus, étant donné qu’il commence à la naissance de Clane Linn, jusqu’à ses vingt-cinq ou vingt-six ans. Entre ces deux dates, beaucoup de choses se passent pour lui comme pour « l’Empire de l’atome ».

Cet Empire est censé prendre place environ douze-mille ans après Jésus Christ, dans un lointain futur après que des catastrophes nucléaires aient détruit notre civilisation. La culture en place est un curieux mélange de modernité, avec des vaisseaux spatiaux, les planètes du système solaire qui ont été terraformées et colonisées, et de vie primitive, rappelant l’Empire Romain : esclavage, déplacement à cheval et armes blanches, aucune arme à feu ne semblant encore exister. Et tout ce qui a trait à l’atome est considéré comme divin. Cela donne un ton particulier au récit, à la limite entre Science-Fiction et Fantasy.

La partie la plus curieuse se situe à la fin, alors que le personnage principal utilise un objet qui lui donne une puissance surhumaine, sans qu’on sache réellement ce qu’est cet objet, sinon qu’il a trait à l’atome.

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Ils étaient une fois… – Christopher Stork

Cet auteur prolifique dans la collection Anticipation au Fleuve Noir est en réalité le pseudonyme de deux auteurs belges Stéphane Jourat (né Stephan Jouravief) et José-André Lacour. C’était le premier roman que je lisais d’eux et cela a été une bonne surprise.

J’ai déjà lu pas mal d’ouvrage de cette collection et leur style est en grande majorité assez « pulp », avec souvent un héros sauvant le monde et gagnant l’amour de la belle pépée. Ici, on retrouve un tout petit peu ça (puisque le héros, bien qu’assez peu héroïque, gagne quand même l’amour de l’héroïne qui l’est beaucoup plus), mais très, très en marge.

J’ai trouvé les prémisses plutôt originales, avec ces personnages des contes de Perrault s’incarnant grâce (ou malgré, car ce n’était pas le but de ses recherches) à notre héros, lequel croit avoir inventé un appareil holographique capable de faire vivre en image les personnages d’un livre écrit.

Même en replaçant ce récit dans le contexte de son époque (publié en 1986), j’ai tout de même été surprise les libertés prises par les auteurs. Par moment, c’était limite un texte érotique. Et surtout un peu mise mal à l’aise par une dérive pédophile (le Petit Chaperon Rouge qui cherche à séduire divers personnages officiels ou qui fricote avec le Petit Poucet).

Néanmoins, j’ai quand même bien envie de lire d’autres ouvrages de ces deux auteurs, car ils font montre d’une imagination intéressante.

Alice au pays des Merveilles / De l’Autre côté du miroir – Lewis Carroll

J’avais déjà lu le texte original d’Alice au pays des Merveilles, du moins une traduction française assez ancienne pour être tombée dans le domaine public, par contre, c’était la première fois pour sa suite, De l’Autre côté du miroir.

Autant la lecture du plus connu a été un vrai plaisir, autant je me suis ennuyée avec le deuxième. Je suis d’ailleurs passée à la lecture diagonale à partir du dernier tiers et je ne pense pas avoir raté grand chose. Déjà, il y a beaucoup trop de « poèmes » détournés, des œuvres sans doute connues des anglo-saxons (du moins de ceux de l’époque), mais pas/plus du tout des français du XXIe siècle, ce qui fait que ces parodies ne font pas mouche. Ensuite, elles sont souvent beaucoup trop longues et pas spécialement intéressantes. Il n’y a que celle du morse et du charpentier qui a retenue mon attention parce qu’elle m’a rappelé le dessin animé des studios Disney.

À propos de celui-ci, j’ai vu qu’ils avaient utilisé les deux textes pour créer le scénario de leur Alice au pays des Merveilles. Ainsi la rencontre de Tweedledum et Tweedledee (appelés dans cette traduction Bonnet Blanc et Blanc Bonnet) en plus de l’histoire du morse et du charpentier. Et d’autres détails comme les fleurs qui parlent.

Verdigris – Paul Magrs

J’ai insisté jusqu’à 60% de ce roman, espérant toujours y comprendre quelque chose, mais j’ai fini par me lasser, tellement je peinais. Ce n’est pas seulement dû à la langue qui utilise pas mal de mots peu usités, ce qui m’obligeait très souvent à avoir recours au dictionnaire, mais aussi la façon dont l’histoire est racontée, assez commune chez les anglo-saxons, surtout dans les romans Doctor Who, j’ai remarqué. C’est-à-dire qu’on suit en parallèle plusieurs personnages ou groupes de personnages, en passant de l’un à l’autre sans une démarcation très nette dans la mise en page. Cela donne un récit très parcellisé où on avance par petits bouts avec les différentes lignes d’évènements. Il faut donc faire très attention de ne pas perdre tous les fils, ce qui n’est pas facile, surtout quand on y rajoute les difficultés de la langue.

Bref, comme j’avais l’impression que le récit n’avançait pas et que j’avais du mal à tout suivre, j’ai fini par abandonner.

La petite Fadette – George Sand

Des récits paysans de George Sand, il y en a deux que je relis toujours avec plaisir, c’est François le champi et cette Petite Fadette. Ce sont deux histoires d’amour simples, mais reprenant le même thème, celui de la différence. Dans les deux, on a un individu jugé pour son apparence et/ou sa famille et non sur ses actions.

L’intérêt particulier de celui-là est cette histoire de jumeaux ou plutôt de « bessons », c’est-à-dire des jumeaux « vrais » aux caractères si différents qu’ils finissent par ne plus se ressembler physiquement.

Odette Toulemonde – Éric-Emmanuel Schmitt

Huit portraits de femmes, subtils, riches, émouvants. De Wanda Winnipeg, riche bourgeoise qui retrouve son premier amant, souvenir de lorsqu’elle n’était encore qu’une gamine pauvre à ce Plus beau livre du monde, témoignage de femmes déportées en Sibérie au temps de Staline, on entre dans la tête et la vie d’êtres humains complexes et aux désirs contradictoires. Un coup de cœur.

M. D’Outremort – Maurice Renard

Sauf de nom, je ne connaissais pas cet écrivain français de fantastique et de science-fiction. La lecture de ce recueil de nouvelles a été une très bonne surprise. On y trouve cinq textes d’inspiration très diverse, tout aussi plaisants à lire les uns que les autres.
Dans la nouvelle titre, M. D’Outremort, on a plutôt affaire à de l’anticipation, puisque l’auteur utilise une invention qui existait à peine à son époque : la télécommande.
La Cantatrice nous emmène dans la mythologie grecque, tandis que L’Homme au corps subtil regarde du côté de la science-fiction.
Le Brouillard du 26 octobre flirte avec les romans préhistoriques, et la dernière, La Gloire du Comacchio, nous plonge dans la sorcellerie et l’atmosphère empoisonnée du XVIe siècle à Ferrare, en Italie.