Seuls – Mathias Moucha

Je sors assez dubitative de ce roman. Déjà le fait qu’aucun des personnages s’en sortent m’a laissé un gout assez amer. Je ne suis pas très fan de l’histoire qui finit mal, en voyant déjà trop dans la réalité. Mais ce n’est que le moindre des « défauts » de ce texte (défaut qui n’en serait pas pour quelqu’un d’autre).

En fait, je ne me suis attachée à aucun des personnages, si bien que leur mort ne m’a même pas touchée. C’est déjà un point assez négatif. Mais ce qui m’a le plus gênée, c’est de ne pas avoir de réponses à la fin. On a un objet mystérieux, on a des personnes qui sont prêtes à tuer pour l’avoir. Et les raisons pour ça m’ont parues bien faiblardes. De plus, on ne sait pas vraiment, à la fin, quelles sont les étranges créatures qui manipulent les gens jusqu’à leur faire commettre ces meurtres par l’intermédiaire de cet objet, ni réellement pourquoi celui-ci provoque ces morts.

Bref, bien que lu relativement vite et facilement, grâce à un style simple et direct, je ne suis pas vraiment convaincue par ce texte.

Publicités

En remorquant Jehovah – James Morrow

Voilà un texte qui ne laissera sans doute personne indifférent. Dans un style simple, direct l’auteur nous met face à cette question : « que pourrait-il se passer si Dieu mourrait ? »

Chaque personnage du roman a une réaction différente à cette problématique, y compris, et je devrais dire surtout, les athées qui se retrouvent soudain face à la réalité de l’existence de Dieu et en même temps à sa disparition.

Je dois avoir un fond de mysticisme dans mon caractère qui a peut-être été contrarié par une absence d’éducation religieuse, parce que l’existence de Dieu est un thème qui m’a toujours intéressée. Je dis toujours que je ne suis pas athée, mais agnostique. Être athée est avoir une certitude, ce qui n’est pas mon cas.

Il y a eu juste un passage, vers les deux tiers du livre, que je n’ai pas aimé, bien qu’il soit une conséquence logique des évènements qui le précédent. Et un certain personnage à qui j’aurais volontiers mis une magistrale paire de claques.

Mais c’est le signe d’un bon roman, que ses personnages provoquent des émotions fortes, même si elles sont négatives.

Enfin, j’ai adoré, dans la conclusion, la raison de la mort de Dieu. Qui est découverte par mon personnage préféré, le père Thomas Ockham, jésuite.

Fall – Claire Kent

De tous mes essais de lecture de romances, Hold a été celui m’avait le plus accrochée. La seule chose que je regrettais, c’était la légèreté du background, trop peu développé à mon gout. Un défaut du genre, qui se concentre essentiellement sur l’histoire d’amour et passe trop rapidement sur le reste.

Néanmoins, cela m’a donné envie d’en lire d’autres de cette autrice (ne vous étonnez pas du nom d’autrice différent entre Hold et Fall, ce sont deux noms de plume de la même personne), surtout lorsque j’ai vu qu’elle en avait écrit qui se passent dans le même univers. En fait, c’est encore plus que ça : on retrouve les personnages de l’un de ses romans dans les autres, même s’ils sont alors au second plan. C’est ainsi que dans Fall, tome 3 de la série, on croise brièvement Cain, le héros de Hold, tome 1, ainsi que Hal et Kyla, les héros de Release, le tome 2. À paraitre un tome 4, dans lequel on va aussi retrouver, en perso principal, un des personnages de Fall. C’est très malin de la part de l’autrice, parce que ça donne envie de lire les autres. J’achèterais probablement ce tome 4, parce que le personnage m’a bien intéressée dans Fall.

Sinon, que dire de l’histoire elle-même, sinon que je l’ai tout autant appréciée que Hold, avec les mêmes restrictions, bien qu’un peu moins cruciales : pas assez de background, bien qu’il soit ici un peu plus développé que dans Hold. Le schéma reste le même, cependant, et le pitch irait aussi bien à une histoire qu’à l’autre : une jeune femme est jetée dans une prison, pour l’un, une planète prison pour l’autre. Parmi les hommes qu’elle rencontre, l’un lui recommande de s’attacher au plus fort, si elle veut survivre. Elle le fait d’abord à contrecœur, puis elle tombe amoureuse de ce malabar, au point de vouloir ne plus le quitter, bien qu’elle ait l’occasion de le faire.

Le sujet du tome 2 ne m’attirait pas tellement, mais je vais peut-être tout de même l’essayer. Ce sont des romans courts, de toute façon, il n’y a pas grand risque.

 

L.A.d.D-M. – Terry Pratchett [Samuel Vimaire]

Samuel Vimaire et le Guet

Au cours de ma toute première lecture des Annales, Samuel Vimaire a été le personnage que j’ai le moins apprécié. Ça a changé au cours des suivantes et c’est maintenant devenu mon préféré, avant même la Mort qui est pourtant un concurrent redoutable.

C’est sans doute le côté désabusé du personnage, joint tout de même à une volonté de faire de son mieux qui me touche le plus chez lui. Et ses relations avec Sybil Ramkin, son épouse, sans doute le personnage féminin du Disque-Monde que j’aime le plus.

Au guet ! (Guards! Guards!)

Première aventure du Guet et de Samuel Vimaire, Au guet ! nous le montre dans sa vie de garde de nuit, complètement blasé, buvant pour supporter une vie sans panache et sans véritable finalité. On fait aussi connaissance, dans ce tome, du reste du guet municipal, entité policière consacrée à la nuit et qui ne sert plus à rien, depuis la mise en place des ligues, dont celle des voleurs qui fait la police de façon bien plus efficace que les quatre agents municipaux. L’arrivée d’un dragon noble (Draconis nobilis), espèce censée être éteinte, voire légendaire, va modifier non seulement le cours de la vie de Samuel, mais celle de tout le guet. Comme d’habitude, une foultitude de personnages tous plus intéressant les uns que les autres. Même les membres des Frères Éclairés le sont dans leur petitesse mesquine. Ne parlons même pas d’Errol, le dragon à réaction.

Tombent les anges – Marlène Charine

Un très léger « ventre mou » en milieu de roman ne m’a pas empêchée d’apprécier grandement cette histoire. En fait, cela a été du quatre étoiles, jusqu’au dernier quart. À partir de là, c’est passé au cinq (dans ma notation, c’est le maximum, avant le coup de cœur). Il a manqué juste un chouia pour aller jusqu’au coup de cœur. Peut-être l’attachement au personnage principal.

L’autre petit défaut fort dommage, ce sont deux ou trois coquilles subsistantes dans la première moitié du livre et parfois des prépositions pas tout à fait employées correctement. Mais là, c’est mon âme de bêta lectrice qui ne peut s’empêcher de travailler en fond. Alors, est-ce que ça s’améliore par la suite ou bien est-ce que j’étais tellement prise dans l’histoire que je n’y ai plus fait attention ? J’en sais rien.

Pour les personnages, j’ai beaucoup aimé celui de Merlin, un peu moins Cécile, mais mon préféré reste tout de même Alice. La vraie, pas le double de Cécile.

L.A.d.D-M. – Terry Pratchett [Divers]

Certains tomes des Annales ne sont pas raccrochés à un des personnages récurrents de Terry Prachett. Là, pas de Rincevent, Mémé Ciredutemps, Samuel Vimaire, Moite von Lipwig ou la Mort. Ce sont les textes que j’ai le moins relus, ce qui est injuste, car ils sont excellents. À commencer par le premier…

Pyramides (Pyramids) :

Une pléthore de personnages tous plus attachants les uns que les autres, même les troisièmes rôles. En commençant par le principal, Teppic le XXVIIIe, pharaon du Jolhimôme, un pays qui rappelle furieusement l’Égypte antique. Il suit une formation d’assassin à la Guilde d’Ankh-Morpork, et adore ce qu’on y enseigne, sauf… le but même de la discipline. Si on y rajoute son défunt père Teppicymon XXVII qui déteste les pyramides, Ptorothée la concubine peu douée en histoires, les divers artisans chargés du corps du vieux pharaon, sans oublier le plus grand mathématicien du Disque, un dromadaire nommé Sale-bête, on comprend qu’on ne va pas s’ennuyer une seule page.

Les Zinzins d’Olive Oued (Moving Pictures) :

Bien que mettant en scène les mages, surtout l’un d’entre eux, encore étudiant, ce roman reste en dehors des lignes narratives des personnages récurrents du Disque-Monde.

Il s’y raconte le cinéma et surtout sa « magie » et ce qu’elle fait aux gens, les plaçant dans une transe telle que leur vie en est bouleversée (pour ceux qui produisent ces images animées) ou qu’ils sont incapables de se détacher de l’écran (pour les spectateurs). On assiste donc à la montée de cette industrie et à sa destruction, à la fin.

Le texte vaut surtout pour toutes les références aux plus mythiques des super productions filmées hollywoodiennes. Mention spéciale, à la fin, pour la parodie de King Kong.

Caver Den – Xavier Portebois

Plus grosse nouvelle que novella, ce récit est très agréable à lire, mais donne hélas un gout de trop peu. À cause de la taille du texte, tout est un peu survolé et la crise se résout trop facilement

De même les personnages, qui ont tout pour devenir intéressants, ne sont pas assez développés. Du coup, je me dis qu’au moins le personnage principal, Linh, ferait bien dans une série où on le voit résoudre un problème à chaque épisode et où on le découvre un peu plus à chaque fois, lui et ses compagnons.

Je ne sais si l’auteur l’a prévu, mais je l’espère.