Martiens, go home ! – Fredric Brown

Que se passerait-il si, tout à coup, des petits hommes verts, se disant Martiens, envahissaient la Terre ? Non pas pour nous conquérir, mais pour se moquer de nous et de nos moindres actions. C’est la prémisse de ce texte de science-fiction humoristique.

Le roman est court, on suit plusieurs personnages, mais principalement un auteur de science-fiction en mal d’idées. Ça s’enchaine sans temps morts, mais l’histoire est assez simple finalement. Agréable à lire, mais qui n’a pas provoquée un gros enthousiasme de ma part.

En fait, j’ai eu plus l’impression de lire un conte philosophique qu’un roman de SF. Parce que ces « Martiens » pourraient être remplacés par n’importe quelle autre créature et l’histoire serait quasi semblable. Ce qui n’est pas un reproche, bien entendu, mais du coup son placement en catégorie science-fiction tient seulement à ce que Fredric Brown a utilisé des Martiens et pas des fantômes ou des lutins.

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Tu brules ! – Robert Sheckley

Sheckley est un de mes auteurs préférés de SF. Son humour parfois grinçant y est pour beaucoup. Ce volume est un recueil de nouvelles, car il en a écrit énormément, publiant dans de nombreuses revues américaines, spécialisées ou non dans le genre.

On y retrouve ses deux héros Arnold et Gregor, sorte de Laurel et Hardy de l’espace, pour ce qui est de se mettre dans des situations rocambolesques. Mais aussi d’autres personnages à qui il arrive toujours des aventures tragicomiques. Parce que le drame s’immisce très souvent dans les paramètres et le rire devient jaune.

En dehors de son style, les histoires de Sheckley montre aussi sa foisonnante imagination et sa façon particulière de regarder l’univers avec des yeux neufs qui nous fait voir aussi ce que sans lui nous n’aurions pas perçu.

Un de mes textes favoris est Le Temps des retrouvailles (Join Now) où un « scindé » tente difficilement de récupérer ses diverses personnalités. Il y a aussi La Seule chose indispensable (The Necessary thing), car je me sens assez proche de la machine qui n’aime pas reproduire deux fois le même objet.

Le Cratère – James Fenimore Cooper

Suite de mes aventures robinsonnesques.

Ce n’est pas encore ce livre-là qui va détrôner mon préféré dans ce genre (c’est-à-dire Robinson Crusoe lui-même). Il y a du bon et du moins bon à dire de ce texte. Plus de la deuxième catégorie que de la première, hélas !

Fenimore Cooper a voulu raconter l’établissement d’une colonie. Son personnage principal commence donc seul (ou presque, il a un compagnon durant quelques mois), puis ayant retrouvé ce compagnon, lequel revient avec d’autres personnes, il va décider d’établir une colonie dans ces iles qu’il a découvertes.

Dans le moins bon, je citerais le fait que je me suis ennuyée à plusieurs reprises. Certaines parties ne sont pas passionnantes. Je citerais aussi les opinions politiques de l’auteur avec la conviction qu’il faut un chef fort dans une communauté et que la démocratie ne mène qu’à la débauche. De même ses opinions religieuses qui ne correspondent pas aux miennes (tout est l’œuvre de Dieu et quand les hommes l’oublient, ça les mène à la catastrophe).

Enfin ses remarques sur les diverses sortes d’humains qu’il met en scène. J’ai eu droit à : « il est intelligent pour un sauvage » ; « il est intelligent pour quelqu’un de sa classe » (c’est-à-dire de la classe populaire, bien entendu, pas de la bourgeoisie) ; « elle est intelligente pour une femme ». On a donc le trio : racisme envers les personnes non blanches, sexisme envers les femmes et « classisme » envers les gens du peuple. Ok, nous sommes au XIXe siècle, mais je suis quand même étonnée de voir que pas un seul de ces écrivains (ceux qui ont écrit des robinsonnades) ne sort de ces préjugés. À la limite, c’est encore Daniel Defoe, le plus ancien puisqu’il est à cheval entre le XVIIe et le XVIIIe siècle qui l’est le moins.

Je rajouterais dans ce qui m’a dérangé le fait que la colonie se met à la chasse à la baleine et Fenimore Cooper de dire que c’est une ressource inépuisable. S’il savait…

Enfin, un détail qui m’a un peu agacée, c’est que Fenimore Cooper ayant été marin (d’ailleurs ce qui arrive à son personnage principal au début ressemble pas mal au début de sa propre vie), il nous sert des termes de marine qui ne veulent rien dire pour moi. La description des manœuvres des bateaux est toujours assez longue et totalement obscure pour un non marin.

En dernier, je dois dire que j’avais du mal à situer les iles les unes par rapport aux autres. Encore maintenant, après avoir fini le bouquin, je ne sais toujours pas. La faute aussi aux termes employés, sans doute clair pour des marins, mais pas du tout pour des lecteurs-lectrices qui ne le sont pas.

Dans le bon… pas grand-chose, sinon que l’auteur reconnait dans les relations entre les « sauvages » et les colons que ceux-ci se comportent mal avec leur travailleurs/serviteurs et qu’il est normal que les serviteurs en question ne soient pas contents.

Sinon, je n’ai éprouvé aucun attachement envers les personnages et leurs souffrances, même pas pour le perso principal quand il se retrouve seul. On pourrait dire que c’est la faute au genre (aventures) et à l’époque où on se penchait moins sur ce qu’éprouvaient les personnages, mais là aussi, je renvoie à Robinson Crusoe. Daniel Defoe nous fait bien plus vivre les affres de la solitude que Fenimore Cooper.

L’Odeur de la bête – Philippe Curval

Curieux livre de SF que celui-là. Inclassable, je dirais. Même si le personnage principal est en situation de « découverte d’un nouveau monde » – pour lui car le monde en question est déjà colonisé depuis plusieurs siècles – on a ici plus un récit introspectif qu’un récit d’aventure.

La fin est pessimiste et prévisible. J’aurais aimé être surprise, mais ça n’a pas réellement été le cas. Je me suis doutée de ce qui allait se passer et c’est exactement ce qui s’est passé.

Un léger malaise face aux actions du perso principal, cependant, quant à ses rapports avec une des créatures qu’il rencontre. On finit par savoir que ce sont des êtres intelligents – comme je l’ai dit, je m’en suis doutée – mais ils sont présentés comme des animaux au départ et qu’il ait des rapports sexuels avec est assez perturbant. Surtout qu’il le justifie en disant en gros : « on ne blâme pas les fermiers de se satisfaire avec leurs bêtes, pourquoi me blâmerait-on ». Heu… ouais…

Je termine ma lecture légèrement mal à l’aise, quand même.

Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu – Karim Berrouka

Deuxième texte que je lis de cet auteur et mon opinion est à peu près la même que pour le premier (Fées, weed et guillotines) : j’aime bien, mais ce n’est pas un coup de cœur. Je le trouve même un peu en dessous, par rapport au précédent. J’ai été à deux doigts de m’ennuyer par moment, car le déroulement de l’intrigue a tendance à reprendre la même routine : Ingrid est contactée par une des cinq factions, elle les rencontre, on apprend leurs spécificités, etc. De même les interactions avec les autres personnages se ressemblent pas mal.

Un des personnages cache son jeu, mais un autre, qui est censé être particulièrement malin, ne s’en rend pas compte, alors que le lecteur oui. Même Ingrid à laquelle certains comportements de ce perso devrait mettre la puce à l’oreille n’y voit que du feu, alors qu’il y a au tout début un indice qui devrait s’illuminer dans son esprit comme un néon de devanture muni d’un klaxon.

Parlant d’Ingrid, je n’arrive pas à comprendre son comportement. C’est une fille qui a les pieds bien sur terre, et pourtant, elle se laisse entrainer dans des trucs bizarres sans véritable étonnement ni hésitation. Perso, des inconnus veulent m’entrainer dans un week-end en Crète en se prétendant les disciples d’une étrange religion érotico-mystique, je ne les suis pas. Ben elle oui, sans problème.

Et en parlant d’Ingrid, ça me mène à un des soucis particuliers des romans de Karim Berrouka : le manque d’attachement pour ses personnages principaux. Ingrid ne me fait ni chaud ni froid. J’éprouve une totale indifférence pour ce personnage qui n’a rien de spécial. Certes, c’est censé être une fille « ordinaire », mais même les gens ordinaires peuvent être attachants, par bien des côtés. Elle… rien. Elle n’a rien. C’est une coquille vide.

Les seuls personnages qui m’ont touchée sont des persos secondaires, exactement comme dans le précédent roman que j’ai lu. Ici : le scribe, le petit diacre et la meilleure amie d’Ingrid, Lisa. Ce dernier personnage, d’ailleurs, n’est pas utilisé à son plein potentiel, je trouve. Je pensais qu’elle et les toiles qu’elle produit auraient un plus grande importance dans l’intrigue, mais non. Ça fait un peu flop.

Un des trucs que j’ai beaucoup aimé, par contre, c’est la fin, la conclusion assez inattendue.

Bref, je ne me suis (presque) pas ennuyée, mais c’était loin d’être une lecture aussi jubilatoire que Fées, weed et guillotines.

Avance rapide – Michael Marshall

Je suis très mitigée quant à ce roman. Ça partait bien, j’avais même trouvé un personnage qui me touchait avec Alkland. Mais au tiers du livre environ, le ton change complètement, ça part dans une toute autre direction que celle initiale, ce personnage-là est rapidement évacué et son sort ne semble plus autant préoccuper l’auteur. En fait, alors qu’il paraissait un personnage central, il ne devient plus que moins que secondaire et d’autres persos, dont on n’avait jamais entendu parler prennent sa place. C’est déjà pas mal frustrant.

Ce qui l’est plus encore et également irritant, c’est la tendance du narrateur (narration au « je ») à dire sans cesse : « je vous parlerais de ça, si je le trouve intéressant » ou « mais je ne vous ai pas tout dit ».

Au tiers du livre, donc, le ton et la couleur du récit change du tout au tout. On passe d’un récit d’aventure et d’enquête à un récit qui fait appel au rêve, à l’inconscient, à l’analyse psychologique du personnage principal. Pas que ce genre de récit me dérange, mais j’ai tout de même eu l’impression qu’on m’avait vendu une salade à la place de la pizza promise sur l’emballage. On peut apprécier autant l’une que l’autre, mais quand on s’attend à manger une pizza, découvrir qu’en fait, c’est une salade ne fait pas forcément plaisir.

De plus, vu que le personnage principal ne me touchait pas vraiment, ce qui pouvait lui arriver ne m’intéressait pas des masses. Bref, j’ai parcouru un peu rapidement certains passages qui se sont avérés longs et fastidieux. La fin m’a laissée de marbre, surtout la conclusion qui tente de faire une sorte de happy end, mais en mode : « voilà, tel est devenu ça, puis telle s’est mise en couple avec tel autre, etc. ». D’autant plus inintéressant que vous vous foutez du sort de ces personnages et que le seul qui vous touchait est mort de façon presque inaperçu, au détour d’une page.

La Traversée des Enfers – Bill Pronzini et John Lutz

Un polar, pour changer un peu. En fait, je relis mes vieux bouquins pour pouvoir m’en débarrasser ensuite. Je ne comprends d’ailleurs pas trop la traduction française du titre. Le titre original est bien plus évocateur : « The Eye ».
Pas trop mal comme histoire, avec une intrigue qui se construit par petite touches, en suivant un grand nombre de personnages, même si on est plus souvent avec le perso principal, l’enquêteur E.L. Oxman. On connait le coupable depuis le début. Du moins, on croit le connaitre, mais il y a un twist intéressant à la fin.